L’église Saint-Léon IX

HISTORIQUE

À la suite de la construction de la voie ferrée Nancy-Paris en 1852, la zone située à l’ouest de cette voie commence à s’urbaniser.

Le 22 Janvier 1859, Mgr MENJAUD, Evêque de Nancy et de Toul, donne mission a l’Abbé Eugene-Alexis NOEL de créer un nouveau centre religieux (église et écoles). Le territoire de la nouvelle paroisse pris sur ceux de St. Sébastien et St. Vincent – St. Fiacre, compte alors 2090 habitants. II est décidé de dédier la nouvelle paroisse à St. Léon IX, pape, qui fut évêque de Toul de 1026 à 1052.

Le nouveau curé trouve à acheter une vaste propriété, dite du Château Carré, dont le bâtiment central est encore le presbytère.

Le 25 Aout 1860, une chapelle provisoire étant ouverte depuis quatre mois, le premier coup de pioche est donne sous la direction de l’architecte VAUTRIN, qui dirigera les travaux jusqu’à leur achèvement, ce qui donnera à l’église une unité de style.

Le 8 septembre 1861, alors que les portails étaient déjà élevés, avait lieu la pose de la première pierre, située sous le pilier droit de la tribune.

Le 10 Novembre 1862, la nef étant terminée, un chœur provisoire aménagé, la première messe est célébrée dans cette moitié d’église.

Le 17 Octobre 1864, la tour nord est achevée et reçoit cinq cloches qui viennent d’être bénites. ‘

La raréfaction des dons et la guerre 1870-71 ralentissent les travaux et il faut attendre le 23 Mars 1874 pour célébrer au maitre-autel.

Enfin, la tour sud étant construite et le parvis aménagé, l’église est consacrée le 19 Avril 1877, solennité de Saint Léon IX, par Mgr FOULON.

Mais tout n’est pas terminé pour autant L’église n’a pas encore d’orgue, et il y a déjà des inquiétudes pour le campanile érigé à la croisée du transept. À la suite de l’effondrement de celui de St. Marc à Venise, il est décidé, en 1903, de le démanteler. II sera remplacé par un kiosque octogonal vitré au sommet.

Les vitraux subiront des dommages pour diverses causes (incendie dans la propriété voisine, guerres et grêle). Certains pourront être restaurés, mais d’autres devront être remplacés.

Les tympans des portails seront réalisés en 1902 par Victor HUEL, pour le central, en 1927 par Auguste VALLIN, pour les latéraux

À la suite du concile Vatican II, il a fallu repenser le chœur, dont l’aménagement actuel date de 1979-80.

En 1991, la Ville de Nancy restaure entièrement l’extérieur et met le bâtiment en valeur par des illuminations.

DESCRIPTIF

C’est un pastiche gothique, dont le chœur est orienté vers l’ouest Les nefs latérales, à peine moins hautes de deux mètres que la nef centrale, ont à chaque travée une couverture à deux pans faisant penser à autant de chapelles latérales;

Si les tours sont inspirées de celles de St. Martin de Pont à Mousson, le reste de la façade est totalement différent, avec ses trois portails de chêne recouvert de bronze, signés Eugène VALLIN, et ses vitraux.

À l’intérieur, assez clarteux, les décrochements de chaque côté du chœur font penser à l’amorce d’un déambulatoire qui n’aurait pas été réalisé.

Maître-autel en marbre, ainsi que ceux du transept dédiés au Sacré-Cœur et à Marie Reine des Cieux.

Autels des chapelles latérales, en pierre et mosaïque, voués à St. Vincent de Paul, St. Alphonse de Liguori, St. Joseph et St. Pierre Fourier, ils sont l’œuvre de NOËL et PERRON et ornés de bas-reliefs représentant des scènes de la vie de ces saints.

VITRAUX:

Sont de différents artistes : HOENER, GSELL-LAURENT, G. JANIN, CHAMPIGNEULLES et BENOIT.

Dans le chœur : au centre St. Léon, entouré de l’Abbé NOËL et de l’architecte, faisant l’aumône; de chaque côté douze saints d’origine lorraine.

Au-dessus des autels latéraux : scènes de la vie des saints auxquels sont dédiés ces autels.

Dans le transept :
–   Au nord : la Pentecôte, encadrée de l’Assomption et de l’Annonciation; sur le côté, l’entrée au couvent de Ste Eugénie, accueillie par Ste Odile.

–   Au sud : la Cène, entourée de Jésus bénissant les enfants et de Jésus au puits de la Samaritaine; sur le côté, le purgatoire.

À la croisée, horizontal : symbolisme de la Sainte Trinité.

Dans la nef : à l’origine, ils représentaient les patrons des différentes paroisses de Nancy et des communautés et œuvres religieuses de la ville, mais ceux de gauche, datant des années 1924 – 25, n’ont pas repris les thèmes initiaux.

En façade :
-Rosace, non visible de l’intérieur : au centre le Christ; dans un premier cercle : Moïse, Ezéchiel, Isaïe, Jérémie et David; dans le cercle extérieur : les douze apôtres.
-Tours, d’un côté : allégories de la Foi, l’Espérance et la Charité; de l’autre : Prudence, Justice et Force

MOBILIER

Grand orgue : de CAVAILLE-COLL, sur buffet et tribune de bois recouvert de cuivre d’Eugène VALLIN (1889).
Orgue de chœur : d’origine inconnue, agrandi par BLESI (1881).
Pour en savoir plus…

 

 

 

Chaire : don d’une paroissienne (1864).

Stalles : prolongées par une décoration murale de même style que l’abside d’Eugène VALLIN. Les angelots musiciens sont de V. HUEL(1896).

Confessionnaux : d’Eugène VALLIN, MULLER et NEISS.

Christ : du XVIème siècle (1500-1530) en sycomore, sur croix de chêne, provenant de l’ancienne église St. Epvre.

Autel de célébration et ambon : de Claude MICHEL (1980).

Sépulture de l’Abbé NOËL : dans un enfeu, à gauche de l’autel du Sacré-Cœur (1879).

Chemin de Croix : En métal d’inspiration moderne, de Jacques WALTER, a remplacé celui d’origine prématurément dégradé (1961).

Statues : Piéta, Ste Jeanne d’Arc, St. Léon IX, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et St. Antoine de Padoue, en plus de celles situées sur les autels des saints.